Expositions

Jean-Marc Blandin

Exposition de peintures

Attiré par ce qui est petit, Jean-Marc Blandin se définit comme un « voyageur immobile ». Son travail se tient à distance des grandes envolées, des fresques monumentales ou d’une peinture contemporaine décorative ou brutale.

Son attention se porte vers le détail, vers la manière de toucher le tableau. C’est dans cette relation physique et sensible au support que se crée l’ambiance : une invitation à l’interprétation, à une forme d’onirisme.

Le sujet est posé jusqu’au bord du médium récepteur. Chaque œuvre constitue un paysage ou un univers en soi. Elle ne suggère pas : elle décrit, parfois jusqu’à la caricature. Et pourtant, la touche — volontairement grossière — entretient un flou, un tremblement, une part de rêve.

Les peintures présentées donnent à voir une scène, un paysage, un être, une construction ou encore une phrase abstraite ou symbolique. Elles évoquent des pensées plus qu’elles n’établissent un sujet.

La démarche s’apparente à une forme d’écriture picturale. Le peu de variété technique — mêmes glacis, mêmes touches, mêmes médiums — participe de cette cohérence. L’évolution est lente, parfois circulaire : l’œuvre peut revenir à son point de départ avant de repartir autrement.

L’ensemble, volontairement hétéroclite, correspond à une perception éclectique des formes et des couleurs, des assemblages et des particules, des rêves épars ou structurés. On y trouve du sens, du non-sens, des folies réfléchies. Certaines histoires se répètent, se reprennent au fil du temps, comme des arrangements musicaux.

L’autodérision affleure dans le sensoriel, le sensuel, le laid ou l’esthétique. Le plaisir et la passion — jusqu’à une forme d’addiction aux essences, à la térébenthine — sous-tendent cette pratique qui s’étend sur des décennies, voire pire, sur deux millénaires.

Galerie d'Art Montesquieu