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GUSTAVO TEN HOEVER – Piranèse

Exposition photographique

Musée de Gajac - Villeneuve-sur-Lot

du 2024-02-02 au 2024-06-02

5€ - Tarif réduit 3€ (sur présentation d'un justificatif)

La prochaine exposition temporaire programmée au musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot mettra en regard les photographies de Gustavo Ten Hoever avec les gravures de Piranèse.

Imaginée par Julia Fabry, commissaire de l’exposition, en étroite collaboration avec l’équipe du musée, elle sera présentée du 2 février au 2 juin 2024.

Le travail de Gustavo Ten Hoever a été vu à travers le monde, mais beaucoup de ses travaux sont encore inédits en France.

Passionnée par ses photographies depuis de nombreuses années, j’ai eu envie d’imaginer une exposition au Musée de Gajac pour confronter la contemporanéité de ses images à la magnifique collection de gravures de Piranèse.

L’essai de Giovanni Battista Piranesi intitulé Della Magnificenza, daté de 1761, pourrait être le point de départ de ma réflexion autour du rapprochement entre les gravures de celui-ci et les photographies de Gustavo Ten Hoever.

L’intérêt de Piranèse allait vers la magnificence de l’architecture romaine, tandis que dans l’œuvre de Ten Hoever c’est celle de la nature.

Un pouvoir poétique de l’image, une forme de mysticisme ou d’altérité et le souci du détail sont autant de lignes communes qui imposent un cadre à ce projet d’exposition appelant deux artistes que tout semble opposer.

Mais si l’un est graveur et technicien, l’autre, grâce à la technicité de la photographie saisit des paysages qui se muent en peintures.

Si Piranèse crée un répertoire de formes avec l’antiquité qu’il augmente de son imagination, Ten Hoever parvient à fixer lui aussi des ruines que la nature, en s’en emparant, semble avoir transformées en chimères dévorées par le temps.

Chez les deux artistes le réel est transfiguré et l’on retrouve le même vocabulaire : vestiges effondrés, architectures, goût de la surcharge, de l’enchevêtrement, cadrages précis et mise en scène magnifiée par la lumière.

Comme le souligne Marguerite Yourcenar « L’édifice se suffit ; il est à la fois le drame et le décor du drame, le lieu d’un dialogue entre la volonté humaine encore inscrite dans ces maçonneries énormes, l’inerte énergie minérale, et l’irrévocable temps.»1

Ainsi des rapprochements formels s’imposent. Les effets renforcés, les contrastes marqués, les teintes saturées ; la matière est à l’œuvre dans les différents travaux.

Ce projet curatorial, au-delà des correspondances, réuni certains thèmes : celui des prisons imaginaires chez Piranèse et les casiers abandonnés des détenus de l’île de la Gorgone en Colombie, retrouvés par Gustavo Ten Hoever, mais aussi le temps à l’œuvre et la présence humaine défiée par la nature.

Si le graveur était visionnaire, le photographe voit, et son regard, porté par une grande liberté, une dorme d’ingéniosité lui permet de révéler toutes les nuances et les subtilités de la nature. Les paysages ont des visages dans les photographies de Gustavo Ten Hoever.

Ce questionnement d’un retour à l’état sauvage passe aussi par l’imagination. « Imaginer c’est s’absenter » écrivait Gaston Bachelard, c’est « s’élancer vers une vie nouvelle », vers une vision nouvelle.


Horaires d'hiver (de novembre à mars)

Du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h

Samedi et dimanche de 14h à 17h

Horaires d'été (d'avril à octobre)

Du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h

Samedi et dimanche de 14h à 18h

Musée de Gajac
05 53 40 48 00
musee@mairie-villeneuvesurlot.fr