Catachtones de Alice Crouzery
« Catachtones retrace la vie quotidienne d’un peuple vivant au sous-sol, à moitié imaginaire. Conçue comme une fiction archéologique, l’exposition puise autant dans le paysage-même de Monflanquin, dans son parallélisme géographique avec l’île grecque de Siphnos, que dans ma propre expérience sur le territoire. C’est une histoire qui raconte le lien aux autres, au monde depuis un point de vue atypique. Une mise en récit de l’expérience autistique, tant dans ses défis sociaux et sensoriels que dans sa relation complexe à la norme.
Catachtones propose une lecture décalée de l’autisme, en soulignant la manière dont un ensemble d’habitudes fait culture. Les rituels, alors, deviennent rites, et le mutisme devient mystère. Ce monde souterrain est une utopie qui s’ignore : un système cohérent pour ces corps différents qui, pourtant, rêvent de se mêler aux autres, à la surface… J’aime alors réfléchir à la question de l’inconfort et de la contrainte comme des conditions nécessaires à une forme de salut, via des objets ambigus, mais aussi un champ de références allant du domaine religieux à celui du conte ; je pense, par exemple, à La petite sirène, donnant jusqu’à sa voix pour se voir dotée de jambes.
La dimension temporelle, enfin, est essentielle dans ce récit : les objets, abîmés, déterrés, présentés comme des reliques, évoquent deux fins possibles à cet isolement. Les Catachtones ont-ils disparu ? Ou se sont-ils, finalement, assimilés ? L’histoire se prolonge dans le réel : partout autour de nous, des descendants de Catachtones se promènent. Lors du vernissage, chacun·e est invité·e à apporter une cuillère — grande ou petite — qui participera, sur place, à l’activation d’un rituel catachtone. »
Alice Crouzery
Vernissage le 30 janvier à 18h30.
Ouverture du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.