Le Malade imaginaire (Théâtre de Molière)
Mardi 5 Octobre 201047300 Villeneuve/Lot
A 20h30. Théâtre - Villeneuve/Lot (Lot-et-Garonne)
Mise en scène /// Alain Gautré
Cie Tutti Troppo
"J’adore alterner la mise en scène de mes pièces (La Chapelle-en-Brie et Impasse des Anges) et celles de Molière, où je reconnais le creuset de ce qui m’a impressionné : la pertinence des analyses, le génie dramatique, la science du jeu, l’art des "lazzi". J’y puise un réconfort quasi philosophique.
Il y a trois ans, je mettais en scène et interprétais l’Avare et maintenant le Malade imaginaire.
Ils ont en commun leur égoïsme forcené, leur monomanie désespérante. Pour assouvir ce qu’il faut bien nommer leur passion (l’avarice pour l’un, l’hypocondrie pour l’autre) ils sacrifient leurs proches, n’écoutant que leur folie.
En tant que comédien et metteur en scène, j’avais construit le personnage d’Harpagon comme un Golum moderne, un Nosferatu chef de clan aspirant le sang de la jeunesse comme un trou noir dévorant ses galaxies. Avec Argan, le malade imaginaire, nous sommes pratiquement à l’opposé. C’est un grand enfant, quand Harpagon était un vieillard. Un doux dingue irradiant une bêtise joyeuse. Un tendre envers ses maux supposés qui confine au pathétique.
L’attachement "viscéral" à l’argent pour l’un, l’amour littéral envers ses propres viscères, pour l’autre, l’hypocondrie devient alors un moyen de s’aimer en s’occupant de soi. Et Molière ne cesse, hélas, d’être éternel.
Lorsque Molière peint le malade imaginaire, aimant se caresser dans le sens du poil, il trace le contour du bourgeois moderne, qui lit "Psychologie" et entretient son corps plutôt que de songer à quelques valeurs collectives. Le corps, dernier rempart contre la barbarie. L’amour de soi comme ultime remède à la crise. La régression égotiste de l’hypocondrie pour ne pas affronter le monde des grands. Alors, Argan devient un vrai clown, agissant comme un enfant pour oublier qu’il est adulte."
Alain Gautré
Programmation Saison Théâtrale 2010/2011 ICI
Renseignements et billetterie au 05 53 70 37 24 ou




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